Le bridge de Cécile

Un beau jour, en voyage

Dans un club de passage,

T’es venu, convaincu,

De trouver comme à  l’Evêché

Convivialité, amabilité

Politesse et gentillesse…

 

 

Tu arrives, innocent,

Tu t’assieds, t’es content,

T’enchéris, souriant, et confiant

A ta gauche, une tordue

Intervient ! Rien n’va plus !

T’es fitté, tout va bien

Ton contrat, tu le tiens,

 450 au moins !

Tu le crois, c’est certain,

T’as tout faux, t’en es loin :

L’adversaire en rajoute !

T’es pas fait pour la joute,

Mais tu contres, et il chute

A la fin, 300  tu empoches,

Et t’entends la tordue qui chuchote

« On s’en fout, y-z-avaient un contrat dans la poche. »

 

Ce coup-ci tout va bien

T’as l’contrat dans la main

T’as tes plis sur la table

Et enfin, une marque convenable…Hélas !

L’adversaire, un fielleux,

Fait la moue et susurre

« Ya moins un, j’en suis sûr ! »

Tu rouspètes, il conteste,

Carte à carte, on refait la partie

Dans le nez tu te sens des fourmis,

T’as raison, t’as gagné

Et le fielleux s’en va, pas gêné,

Toi, tu restes là, énervé,

Ton cœur bat, t’es stressé

Mais  le jeu must go on

On reprend les cartons !

 

A ta place, tu vas et salue l’adversaire

Qui parle à  son partenaire !

Tu comptes pour du beurre, t’es pas à leur hauteur !

Tu t’concentres sur ton jeu

Le coup est délicat, et pas qu’un peu !

Piques partagés ? Dame ou Valet ?

Et voilà qu’à la table voisine

Il y en a deux qui s’invectivent…

Pour réfléchir, c’est pas terrible

C’est sûr une fois encore,  ton score

Va  être horrible !

 

Chers amis ! Vous les anciens,

Qui êtes gens de bonne compagnie

Aidez-moi à dire ceci

A tous les trublions, qui se veulent super champions

Que vigilance n’est pas méfiance,

Que jouer pour gagner n’implique pas de narguer

Que  maitrise du jeu

N’est pas mépris pour les gens de peu !

Enfin que calme et sérénité aident à vieillir en beauté

 

Alors le Club de l’Evêché sera l’endroit rêvé,

Le lieu du bridge enchanté,

Aux tables confortables

Il n’y aura plus d’impitoyables

Ecrasant les minables

Seulement  des joueurs

Pleins de bonheur

Partageant leur plaisir

Tous les après-midi !

 

 

Merci à Charline

Il était une fois, comme disait ma grand’mère

Qui, la pauvre, ignorait les enchères…

Un malheureux joueur.

Sans doute en amour avait-il du bonheur,

Mais au bridge, point d’affaire !

I l jouait pourtant, et toute la semaine

Le lundi, le mardi, et jusqu’au samedi.

Il arrivait qu’il gagnât, sans savoir pourquoi

Le plus souvent il perdait, et il en restait coi !

Un jour, à son club favori,

Il fit une rencontre…mais pour le bon motif

D’une petite dame à l’œil vif.

Elle enseigna, à lui et quelques autres

Les finesses du jeu, et peu à peu

Ils virent que des cœurs, il ne faut avoir peur

Et que pour  les piques, bernique

Mais que deux carreaux ça n’est pas du pipeau !

Notre joueur et ses nouveaux copains

Prirent leur jeu en main !

Ils surent le Texas, quelquefois l’oublièrent hélas !

Puis de Roudi, en Drury, sans parler de Landy

N’annoncèrent plus deux trèfles avec des nèfles,

Que de soirs à l’heure où le soleil se penche

Ils rêvèrent à des contrats de manche !

A la fin des tournois, le cœur battant ma foi,

Ils écoutaient le classement, encore bien décevant,

Mais au fil du temps, peu à peu et à force d’actions

Ils eurent des satisfactions, et même..des décorations !

Aussi, ils prirent une décision

A Charline on ferait une ovation !